Une facture qui ne correspond à rien, un colis « en attente », un message de votre banque qui demande de confirmer vos accès… Les e-mails frauduleux sont devenus la porte d’entrée préférée des cybercriminels, y compris pour viser les PME valaisannes. Bonne nouvelle, la plupart se repèrent en quelques secondes, à condition de savoir quoi regarder. Voici les 8 signes qui doivent vous alerter, et les bons réflexes à partager avec vos collaborateurs.
Pourquoi les PME sont des cibles de choix
Les PME n’ont souvent pas de service informatique interne, et chaque collaborateur gère sa propre boîte mail. Un seul clic sur un lien piégé suffit pour qu’un mot de passe soit volé, qu’un virus chiffre les données du serveur ou qu’un faux paiement parte vers un compte frauduleux. Les attaquants le savent et misent sur la routine : un e-mail qui ressemble à ceux que vous recevez tous les jours.
Les 8 signes d’un e-mail frauduleux
1. L’adresse de l’expéditeur ne colle pas
Le nom affiché peut être « Swisscom » ou « Votre banque », mais l’adresse réelle est tout autre. Cliquez ou survolez le nom de l’expéditeur pour voir l’adresse complète. Méfiez-vous des fautes discrètes : swisscorn.ch, poste-ch.com, infomaniak-support.net.
2. Le message crée un sentiment d’urgence
« Votre compte sera suspendu dans 24 heures », « Dernier rappel avant poursuite »… L’urgence est faite pour vous empêcher de réfléchir. Une vraie entreprise ou administration ne vous menace pas de cette façon par e-mail.
3. On vous demande vos identifiants ou des données sensibles
Aucun fournisseur sérieux ne vous demandera votre mot de passe, votre code de carte ou vos accès e-banking par e-mail. Si un message vous invite à « vérifier » ou « confirmer » vos accès, c’est presque toujours une tentative d’hameçonnage (phishing).
4. Le lien ne mène pas où il prétend
Avant de cliquer, survolez le lien avec la souris (ou appuyez longuement dessus sur smartphone) pour afficher l’adresse réelle. Si le texte annonce votre banque mais que l’adresse pointe vers un site inconnu, ne cliquez pas.
5. Une pièce jointe inattendue
Une facture d’un fournisseur avec qui vous ne travaillez pas, un fichier .zip, un document Word ou Excel qui vous demande « d’activer le contenu » : ce sont des classiques pour installer un logiciel malveillant. Dans le doute, n’ouvrez pas et vérifiez auprès de l’expéditeur par un autre canal.
6. Un changement de coordonnées bancaires
C’est l’arnaque la plus coûteuse pour les entreprises : un fournisseur (ou un dirigeant) vous informe par e-mail de son « nouveau compte bancaire ». Le message peut même venir d’une vraie boîte piratée. Règle d’or : toute modification de coordonnées de paiement se confirme par téléphone, avec un numéro que vous connaissez déjà.
7. Un ton ou une langue inhabituels
Fautes d’orthographe, traduction approximative, formule de politesse étrange ou tutoiement inattendu de la part d’un partenaire habituel : ces détails trahissent souvent un message automatisé. Attention toutefois, les e-mails frauduleux sont de mieux en mieux rédigés, l’absence de fautes ne prouve rien.
8. Une demande qui sort de la procédure habituelle
« Je suis en réunion, peux-tu faire un virement urgent ? », « Achète des cartes cadeaux pour un client »… Si une demande contourne vos habitudes de travail, même si elle semble venir de votre direction, prenez le temps de vérifier de vive voix.
Les bons réflexes à adopter
- Prenez 10 secondes avant de cliquer sur un lien ou d’ouvrir une pièce jointe inattendue.
- Vérifiez par un autre canal : un appel au numéro habituel règle la plupart des doutes.
- Ne répondez jamais à un e-mail suspect, même pour dire que vous n’êtes pas concerné.
- Activez la double authentification sur vos comptes importants (messagerie, e-banking, Microsoft 365).
- Signalez les messages douteux à votre prestataire informatique. Vous pouvez aussi les transmettre à l’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS) via son formulaire de signalement en ligne.
J’ai cliqué : que faire ?
Pas de panique, mais agissez vite :
- Si vous avez saisi un mot de passe, changez-le immédiatement, ainsi que sur tous les comptes où vous utilisez le même.
- Si vous avez ouvert une pièce jointe, débranchez l’ordinateur du réseau (câble et Wi-Fi).
- Si vous avez communiqué des données bancaires, appelez votre banque sans attendre.
- Prévenez votre prestataire informatique pour qu’il vérifie le poste et les accès. Si des fichiers ont été touchés, de bonnes sauvegardes font toute la différence.
Filtrer en amont : la meilleure protection
La vigilance de vos collaborateurs reste essentielle, mais elle a ses limites : un jour de fatigue ou de stress suffit. Le plus efficace est de bloquer l’essentiel des e-mails frauduleux avant qu’ils n’arrivent dans les boîtes. C’est pourquoi notre hébergement mail professionnel intègre une protection anti-spam : chaque e-mail passe d’abord par notre filtre, hébergé sur nos serveurs en Suisse, qui écarte les spams, virus et tentatives de phishing. Les messages suspects restent en quarantaine et peuvent être récupérés en cas d’erreur.
Ce qu’il faut retenir
Un e-mail frauduleux joue presque toujours sur l’urgence, la confiance ou la routine. Prendre quelques secondes pour vérifier l’expéditeur, le lien et la demande suffit à déjouer la grande majorité des tentatives. Et en combinant cette vigilance avec un filtre en amont, vous réduisez fortement le risque pour toute votre équipe.
Questions fréquentes
Un e-mail sans fautes peut-il être frauduleux ?
Oui. Les fraudeurs utilisent désormais des outils de traduction et de rédaction très efficaces. Fiez-vous plutôt à l’expéditeur, au lien et à la nature de la demande.
Un antivirus suffit-il à me protéger ?
Non. L’antivirus protège le poste, mais il ne vous empêche pas de saisir votre mot de passe sur un faux site. Un filtre anti-spam en amont et la vigilance des utilisateurs restent indispensables.
Que faire d’un e-mail suspect reçu par un collaborateur ?
Ne pas cliquer, ne pas répondre, et le signaler à la personne qui gère l’informatique de l’entreprise. Elle pourra vérifier si d’autres collaborateurs l’ont reçu et bloquer l’expéditeur.
Écrit par Mathieu, responsable informatique chez YETY. Plus de 20 ans d’expérience en infrastructure, messagerie et sécurité pour les PME du Valais et de Suisse romande.